Menaces de cybersécurité

7 raisons alarmantes pour lesquelles l'affichage numérique est devenu une véritable menace pour la cybersécurité

La cybersécurité des affichages numériques n'est plus une option.

En avril 2025, les menus numériques de près de 300 restaurants à service rapide au Canada ont été piratés. Des pirates informatiques ont remplacé le contenu des menus par des messages politiques. L'incident s'est propagé rapidement sur les réseaux sociaux. Les écrans ont dû rester éteints pendant que le fournisseur d'affichage s'efforçait de résoudre le problème, et la chaîne de restaurants a dû présenter ses excuses au public pour un incident totalement indépendant de sa volonté.

La cause première ? Une attaque de phishing qui a permis un accès non autorisé aux systèmes cloud d'un fournisseur de signalétique tiers.

Cet incident devrait inquiéter toutes les organisations exploitant des écrans en réseau. Car voici ce que la plupart ignorent encore : l’affichage dynamique est devenu, sans le savoir, un véritable écosystème IoT. Plateformes gérées dans le cloud, lecteurs connectés au réseau, flux de données tiers, portails d’accès à distance : chacun de ces éléments introduit des risques. Et la plupart des fournisseurs d’affichage ne considèrent toujours pas la cybersécurité de l’affichage dynamique comme une priorité.

Les chiffres globaux le confirment. Les attaques de logiciels malveillants ciblant l'IoT ont explosé de 1 071 030 trous en 2024, selon le rapport de SonicWall sur les cybermenaces. On compte désormais en moyenne 820 000 attaques automatisées contre les appareils connectés par jour. Plus de la moitié des appareils IoT présentent au moins une vulnérabilité critique, et un tiers des violations de données impliquent un composant IoT. Les lecteurs d'affichage dynamique et les écrans connectés au cloud correspondent parfaitement à cette situation. Ce sont des appareils IoT dotés d'écrans, pourtant ils bénéficient rarement de la même attention en matière de sécurité que les caméras, les capteurs, voire même les thermostats intelligents.

Alors pourquoi le secteur de la signalétique est-il encore à la traîne en matière de sécurité ? Et que doivent réellement rechercher les acheteurs ?

Les plateformes CMS cloud ont tout changé (y compris les risques).

Il fut un temps où l'affichage dynamique était simple. On chargeait le contenu sur une clé USB, on la branchait et on s'en allait. Pas de connexion internet, pas d'accès à distance, aucune surface d'attaque notable.

Ce modèle a quasiment disparu. Aujourd'hui, l'affichage dynamique repose sur des systèmes de gestion de contenu basés sur le cloud, permettant aux administrateurs de mettre à jour les écrans de centaines de sites depuis un tableau de bord unique. Les équipes marketing l'adorent. Les responsables des installations s'en servent pour la diffusion de messages d'urgence. C'est un véritable atout.

Mais l'exposition l'est tout autant.

Un CMS cloud introduit de multiples niveaux de vulnérabilité. Il y a d'abord la couche d'authentification, où chaque connexion utilisateur devient un point d'entrée potentiel. Si des identifiants sont compromis par hameçonnage (comme lors de la faille de sécurité au Canada), un attaquant peut diffuser du contenu sur tous les écrans connectés du réseau. Ensuite, il y a la couche API. Les plateformes modernes exposent des API pour l'intégration avec des sources de données, des systèmes de planification, des flux de réseaux sociaux et des applications d'entreprise. Chaque point de terminaison d'API représente une porte d'entrée potentielle s'il n'est pas sécurisé par des jetons d'authentification et une validation des entrées appropriés.

Et puis il y a l'infrastructure elle-même. Les plateformes CMS cloud fonctionnent généralement sur un hébergement mutualisé via AWS, Azure ou Google Cloud. Ces fournisseurs assurent un niveau de sécurité de base élevé, mais la responsabilité de sa configuration correcte incombe au fournisseur de signalétique. Un stockage mal configuré, des composants non patchés, des politiques d'accès trop permissives… ce sont ce genre d'erreurs qui ont conduit à l'incident de Mars Hydro début 2025, où une simple erreur de configuration a exposé 2,7 milliards d'enregistrements d'objets connectés.

Ce qui rend la situation particulièrement complexe, c'est la zone grise organisationnelle qu'occupe l'affichage dynamique. Il se situe à la croisée de l'infrastructure informatique et des outils marketing. L'équipe marketing a choisi le fournisseur. L'intégrateur audiovisuel a installé le matériel. Mais qu'en est-il de l'équipe de sécurité informatique chargée de protéger le réseau ? Souvent, elle ignore même quelle plateforme de gestion de contenu est utilisée, et encore moins si elle est conforme à ses normes de sécurité.

Il s'agit autant d'un problème de gouvernance que d'un problème technique. Lorsque personne n'est clairement responsable de la sécurité du réseau d'affichage, des failles apparaissent. Et les attaquants sont très doués pour les exploiter.

Votre lecteur d'affichage dynamique est simplement un autre point de terminaison réseau

Voici un point qui devrait préoccuper toute équipe de sécurité informatique : un lecteur d’affichage dynamique connecté au réseau de l’entreprise est, du point de vue de la sécurité, un simple terminal. S’il est compromis, il peut servir de tremplin pour atteindre des systèmes plus sensibles.

Il ne s'agit pas d'une hypothèse. Le rapport 2025 de Palo Alto Networks sur les menaces pesant sur la sécurité des appareils a analysé 27 millions d'appareils connectés répartis sur plus de 1 800 réseaux d'entreprise. Il en ressort que 32,51 millions d'appareils échappent au contrôle du service informatique. Ces ressources non gérées ne peuvent être surveillées par les outils de sécurité traditionnels, mais elles partagent la connectivité réseau avec tous les autres équipements du bâtiment.

Les systèmes d'affichage dynamique présentent de nombreux facteurs de risque. Fonctionnant en continu, souvent 24h/24 et 7j/7, ils constituent une cible permanente pour les attaquants. Ils utilisent fréquemment des systèmes d'exploitation embarqués ou grand public, rarement mis à jour. Leur déploiement est généralement assuré par les équipes audiovisuelles ou marketing plutôt que par le personnel de sécurité informatique, ce qui leur permet de contourner les politiques de protection des terminaux. Enfin, leur accessibilité physique dans les halls d'entrée, les couloirs et les espaces de vente multiplie les risques de manipulation physique, en plus des attaques à distance.

Il convient de s'attarder sur ce dernier point. La plupart des salles serveurs sont verrouillées. La plupart des ordinateurs portables sont équipés de logiciels de détection des terminaux. Mais qu'en est-il d'un lecteur multimédia dissimulé derrière un écran dans un hall d'entrée ? Il pourrait se trouver sur une étagère ouverte, avec un port USB accessible. C'est une invitation, et certainement pas celle que vous souhaitez lancer.

La solution n'est pas de tout déconnecter. Il s'agit de concevoir des déploiements d'affichage dynamique intégrant la sécurité dès leur conception. Cela implique de placer les lecteurs sur des VLAN isolés, inaccessibles au réseau d'entreprise. Cela implique également de déployer des lecteurs ne nécessitant pas l'ouverture de ports entrants. Cela implique de chiffrer et d'authentifier toutes les communications entre le lecteur et le système de gestion de contenu (CMS). Et, en toute franchise, cela implique de choisir un fournisseur qui considère la sécurité réseau comme une fonctionnalité essentielle de son produit, et non comme une option qu'il envisage d'intégrer ultérieurement.

Les intégrations tierces représentent un risque silencieux que personne n'audite.

Un système d'affichage dynamique d'entreprise classique collecte des données provenant d'API météorologiques, de flux d'actualités, de systèmes de réservation de salles, de plateformes de médias sociaux, de services d'alerte d'urgence et parfois de systèmes de point de vente. Chaque intégration ajoute des fonctionnalités et instaure une relation de confiance entre les systèmes, relation que la plupart des organisations négligent d'auditer.

Lorsque votre CMS se connecte à une source de données externe, il présume implicitement que les données reçues sont légitimes et que la connexion n'a pas été compromise. Si une personne compromet cette source externe ou intercepte la connexion, elle peut injecter du contenu, modifier l'affichage ou potentiellement accéder au CMS lui-même.

La faille de sécurité survenue dans un restaurant canadien l'a clairement démontré. La publication spécialisée invidis a rapporté que les plateformes CMS elles-mêmes n'ont jamais été compromises. L'attaque a exploité un compte utilisateur sur une installation locale gérée par le client. La technologie a parfaitement résisté. En revanche, les processus et les facteurs humains qui l'entourent ont été vulnérables.

Ce schéma, où le logiciel est robuste mais où la gestion des accès crée des vulnérabilités, est l'un des modes de défaillance les plus courants et les plus facilement évitables en matière de sécurité de l'affichage dynamique. Et il ne se limite pas à ce secteur. La faille de sécurité du ministère de la Défense britannique en 2024 a eu lieu via un système de paie géré par un sous-traitant. La fuite de données chez Cencora, un laboratoire pharmaceutique, a entraîné des expositions de données dans près d'une douzaine d'entreprises partenaires. L'accès par des tiers est le principal facteur de risque pour la sécurité si personne ne surveille.

Qui a accès à l'API de votre CMS ? Quelles données circulent entre les systèmes connectés ? Les identifiants sont-ils régulièrement renouvelés ? Les connexions sont-elles chiffrées ? Ce ne sont pas des questions exotiques, mais des questions de base. Et la plupart des entreprises ne se les posent jamais à propos de leur fournisseur d'affichage dynamique.

Pourquoi les violations de données dans le domaine de l'affichage numérique ont un impact plus important que les autres attaques

Une fuite de données se produit silencieusement, en coulisses. Un panneau d'affichage numérique piraté ? C'est immédiatement visible pour tous ceux qui passent devant.

En 2017, des pirates informatiques ont piraté des panneaux d'affichage numériques à Washington, D.C., et diffusé du contenu explicite dans les stations de transport en commun. Au Vietnam, des écrans d'aéroport ont été compromis par des cyberattaques. Dans plusieurs villes, des panneaux d'affichage ont été détournés à des fins de propagande politique et de diffusion de contenus choquants. Chacun de ces incidents est devenu viral, car des personnes munies d'un téléphone portable se trouvaient à proximité au moment des faits.

C’est le profil de dommages unique des failles de cybersécurité dans l’affichage dynamique. La brèche, c’est la diffusion. Il n’y a pas de fenêtre d’opportunité pour une remédiation discrète. Au moment où votre équipe découvre le problème, des photos circulent déjà sur Reddit, X et Facebook. Le coût en termes de réputation peut largement dépasser le coût technique de la correction de la vulnérabilité elle-même.

Pour les organisations des secteurs de la santé, de l'administration, des services financiers ou des transports, les enjeux sont encore plus importants. Un système d'orientation compromis dans un hôpital pourrait désorienter les patients en cas d'urgence. Un panneau d'information piraté dans un aéroport pourrait diffuser de fausses informations et semer la panique. Un écran trafiqué dans une agence bancaire érode la confiance institutionnelle, un lien qui se construit au fil des années. Ces scénarios ne sont plus de l'utopie. Ils constituent la suite logique d'un mode opératoire d'attaque déjà bien établi.

Comme l'a souligné Invidis, le secteur de la signalétique est " principalement composé d'entreprises de taille moyenne " où les services de gestion continue de la cybersécurité restent rares. À titre de comparaison, dans le secteur informatique en général, la surveillance continue et la sécurité gérée sont des pratiques courantes. Ce décalage entre l'importance des réseaux de signalétique et la maturité de leur sécurité est un problème qui ne cesse de s'aggraver. Plus le secteur tarde à le combler, plus les violations de données inévitables seront dommageables.

Que rechercher concrètement chez un fournisseur de signalétique ?

La sécurité doit faire partie intégrante de l'évaluation des fournisseurs, et non être une question secondaire à traiter après le déploiement. Voici ce qui compte :


Exigence de sécuritéPourquoi c'est important
Certification SOC 2 Type II ou ISO 27001Des contrôles de sécurité audités de manière indépendante et maintenus dans le temps
Authentification multifactorielleEmpêche les attaques basées sur les identifiants comme la violation de données canadienne de 2025
Contrôles d'accès basés sur les rôlesLimite le rayon d'action en cas de compromission d'un seul compte.
Communications chiffrées HTTPSProtège le contenu et les données entre le CMS, les lecteurs et les intégrations.
Support d'isolation réseauPermet le déploiement de VLAN indépendamment des systèmes critiques de l'entreprise
Tests d'intrusion réguliersDétecte les vulnérabilités avant les attaquants
Aucun port ouvert entrantRéduit la surface d'attaque réseau du joueur.
Journalisation des auditsVisibilité sur qui a accédé à quoi et quand

Trop d'acheteurs évaluent les fournisseurs de signalétique uniquement sur la base des fonctionnalités de gestion de contenu et du prix. La sécurité est rarement prise en compte avant qu'un problème ne survienne. Les organisations qui se posent ces questions avant de signer le contrat sont celles qui ne font pas la une des journaux.

Position de Corum Digital en matière de sécurité

Il y a des années, Corum Digital a compris que la convergence des plateformes cloud, de la connectivité réseau et des intégrations tierces modifiait fondamentalement le profil de risque de l'affichage dynamique. Alors que la plupart des acteurs du secteur considéraient encore la sécurité comme une question secondaire, Corum a poursuivi et a obtenu la certification SOC 2 Type II, une norme auditée de manière indépendante que la plupart des fournisseurs de signalétique n'ont pas tenté d'appliquer.

Cette certification couvre à la fois la plateforme de revente firmChannel et la marque de vente directe MediaTile. Elle signifie que les contrôles de sécurité ne sont pas de simples affirmations : ils sont testés, validés et maintenus grâce à des audits indépendants réguliers. Pour les acheteurs opérant dans des secteurs réglementés ou en entreprise, collaborer avec un fournisseur certifié simplifie leur mise en conformité et réduit les risques liés aux tiers.

Nous allons couvrir exactement Comment la certification SOC 2 Type II profite aux acheteurs de solutions d'affichage numérique (notamment pour ceux qui passent par des revendeurs) dans un article dédié. En résumé : dans un secteur où les certifications de sécurité restent l’exception, l’investissement précoce de Corum dans ce domaine confère à ses clients un avantage concret.

En résumé

L'affichage dynamique est passé d'une simple technologie d'affichage à un écosystème en réseau, connecté au cloud et fortement intégré. Cette évolution a apporté une flexibilité considérable et une réelle valeur ajoutée aux entreprises. Elle a également introduit des risques de cybersécurité que la plupart des organisations et des fournisseurs d'affichage ne prennent toujours pas suffisamment au sérieux.

Le piratage d'un restaurant canadien en 2025, les attaques contre les panneaux publicitaires à Washington et la vague incessante d'attaques visant l'Internet des objets convergent tous vers la même conclusion : vos écrans sont désormais des points d'accès à votre réseau. Ils méritent la même vigilance en matière de sécurité que n'importe quel autre système connecté de votre environnement.

Posez les questions essentielles avant de signer. Exigez les certifications. Et cessez de considérer la signalétique comme un simple achat marketing sur lequel le service informatique n'a pas à donner son avis.

La sécurité de vos écrans dépend entièrement de celle du fournisseur qui les gère.

Pour en savoir plus : Guide AVIXA pour la sécurisation de l'affichage numérique